samedi 7 novembre 2015

Papier rose

— Ça va pas être un vendredi après-midi de fous, je sens ça…

Tanja sourit et pose son mug loin de son clavier et des chemises cartonnées, jette un œil dessus et annonce :

— J'ai le dossier Laugeron à finaliser avant de l'envoyer, mais sinon j'attends des pièces pour Tanvertini qui n'arriveront que mardi, si on a de la chance, sinon je relancerai. Et toi, t'as quoi pour cet après-midi ?
— Des coups de fil à la préfecture des Deux-Sèvres, lui répond Luc, pour savoir si le cabinet Monnier a fait son boulot, pour le chantier de réhabilitation. Et puis des courriers à pondre, mais genre circulaires. Ah si, d'ailleurs oui : une lettre à l'avocat de la société danoise ; là, je te demanderai sans doute de relire mon anglais scolaire. Mais c'est tout.

L'après-midi va être tranquille surtout parce que la directrice du cabinet d'expertise où ils travaillent tous deux est en déplacement en Allemagne depuis ce matin, et que de fait, la pression est redescendue depuis son départ (elle a sans doute des problèmes personnels pour être de si mauvaise humeur depuis dix jours).

— Bon, on va déjeuner ?

Tanja lui sourit, et quand elle sourit, le cœur de Luc bat un peu plus vite.

Ils s'aiment bien, tous les deux. Depuis que Luc est arrivé il y a à peine un an, le courant passe entre eux, et le charme agit tranquillement : juste une cour, un flirt, de la bonne humeur, de la légèreté – et c'est tant mieux – sans que l'un ou l'autre ne semble vouloir autre chose, grimper un échelon de tentative de séduction au-dessus.
C'est un équilibre agréable, avec parfois des regards qui glissent, des sourires sans paroles, des joues un peu rouges, des phrases qui s'interrompent, des petites confidences sans réponse…

Et si Luc, le jeune homme célibataire au beau sourire lumineux n'est jamais allé chez Tanja, l'Autrichienne divorcée avec ses beaux cheveux blonds et ses yeux troublants, c'est sans doute que lui et elle doivent sentir qu'il ne faudrait pas se retrouver trop proches, trop en dehors du bureau, que les possibles n'attendent que cela : un rapprochement, un relâchement de la prudence.

Tanja prend sa lunch box, son sac plastique avec sa pomme et sa bouteille de jus de fruit, lance un autre sourire à Luc qui finit d'enregistrer son document en cours, et tandis qu'il prend son sac à dos elle quitte le bureau.
Il regarde ses fesses.
Elle a 50 ans, de belles fesses et de longues jambes qui malmènent souvent sa respiration.
Il sourit, la vie est belle ; il a de la chance : Tanja.

Elle ouvre la salle de réunion après avoir traversé le couloir désert. La quatrième personne du cabinet – à part eux et la directrice – Jacques, un expert, est en congé. Ils s'installent, commencent à manger en discutant. Et puis Luc raconte qu'il doit faire des photos d'identité pour faire refaire son passeport qui arrive à expiration.

— Attention, le prévient-elle en riant, il faut n'avoir aucune expression sur les photos, l'air neutre, décérébré…
— Oui, je sais : aussi réactif et agité qu'une part de pizza congelée…
— … mais moins souriant qu'un Playmobil.

Ils se marrent. Se regardent.

— Tu as ton vieux passeport avec toi ? s'exclame-t-elle soudain en reposant sa bouteille. Montre-moi ta photo dessus !

Il éclate de rire :

— Rhôô là là… T'es sûre ? Tu vas rigoler, et ne plus me prendre au sérieux ; je vais perdre des points, là… Attends, je reviens, c'est dans ma veste en jean.

Restée seule, Tanja réfléchit, amusée, au fait que Luc vient mine de rien de lui faire comprendre qu'il veut la séduire. « Quel score a-t-il accumulé ? Combien de points ? » Elle sourit. « Assez élevé... »

Luc revient, et ils passent quelques minutes à rigoler en regardant la vieille photo de son passeport, mal éclairée ; il a l'air tellement jeune, mal à l'aise !

— On peut dire que tu as sa-cré-ment changé, note Tanja en riant. Quand tu montres ça à un douanier, il doit y regarder à deux fois… Et une douanière encore plus !
— Pourquoi, une douanière ?
— Avec ton sourire, elle doit prendre son temps !

Il rigole franchement, regarde dans son portefeuille. Il est troublé, brièvement, et elle aime ça. Et puis il relève les yeux :

— Et toi, tu as des papiers d'identité à me montrer, ou bien il n'y a que moi qui me couvre de ridicule ? Encore que je doute que tu aies jamais été ridicule à regarder, à n'importe quel moment de ta vie.
— Vil flatteur ! sourit-elle.

Elle retient un peu son sourire ; elle a des fossettes sur les joues, et Luc les regarde.

— Oui, j'ai ça. Attends, poursuit-elle en fouillant dans son sac à main, je dois avoir mon passeport, mais il est récent et… euh… mon permis.

Elle range son pique-nique pour poser son passeport et son portefeuille sur la table noire de réunion. Luc remarque qu'elle est pensive, peut-être un peu contrariée.
Le passeport est récent, et Luc sourit en la voyant sur la photo :

— Waw, tu en jettes vraiment !
— Oh, c'est une photo toute bête, sans expression justement, l'air neutre et tout, comme tu dois en faire…
— Oui, mais il y a tes yeux, qui concentrent tout ! lance Luc en lui jetant un regard espiègle et délicieux.
— Oh, mais ce sont mes yeux, c'est tout ! répond vivement et bêtement Tanja en rougissant un peu.
— Et ton permis ?
— Oh, alors là… Je te montre, vraiment ? C'est une antiquité ! Le premier document que j'ai fait faire quand j'ai eu la nationalité française. J'étais une gamine !

Il prend le papier rose, et elle voit ses yeux fixer la photo. Il reste figé une seconde.

— Tu es craquante, carrément craquante, mon Dieeeeeu… À tomber !
— Oui ? D'ailleurs…

Il la dévisage et demande :

— D'ailleurs quoi ?

Tanja se trouble, fronce un peu les sourcils sans le regarder, prend sa respiration, hésite, reste muette.

— Qu'y a t-il ? Tanja ?

Elle regarde par la fenêtre puis tourne la tête, le regard incertain, un très léger sourire très timide.

— Il y a une histoire derrière ça, que je n'ai jamais racontée à personne. Une histoire un peu cochonne… Non… Non : carrément plus que cela. Mais j'ai gardé tout cela pour moi.

Elle éclate de rire et se passe les deux mains sur le visage comme si elle se passait de l'eau fraîche, relève sa chevelure d'un mouvement élégant de poignets et s'exclame, artificiellement joyeuse et sincèrement rougissante :

— Mon Dieu, pourquoi je te dis un truc pareil !

Il la dévisage. Il y a plus de chaleur amicale, de complicité dans ses yeux amusés qu'elle n'en a jamais vues :

— Parce que c'est le bon moment. Tu me racontes ?

Le visage soudain fébrile, fermé, elle tripote sa bouteille de jus de fruits, la fait tourner sur la table.

— C'est impossible, Luc, c'est un secret… énorme, et pas… pas à mon avantage du tout. C'est pour ça que je n'ai jamais dit cela.
— Tu me racontes ? répète-t-il à mi-voix, à mi-voix très douce.

Elle regarde autour d'elle comme si elle cherchait une porte pour s'enfuir, et puis prend sa respiration.

— C'est trop, Luc. Tu… garderas ça pour toi ? C'est sans doute… non : C'EST une connerie de te raconter cela, je…

Elle vide ses poumons, elle est toute rouge.

— Je tiens à toi, poursuit-elle, et tu me verras différemment : ça va casser quelque chose.
— S'il te plaît, ne te fais pas de souci, lui répond-il doucement. Fais-moi confiance. Je crois que tu sais bien… que tu peux me faire entière confiance ; et puis… je tiens à toi également, très fort. Ça aussi tu le sais, non ? Pas de souci.

Avec un doux sourire, elle prend sa respiration, son élan.

— J'ai passé mon permis en province ; j'avais… 22 ans. Le jour de l'examen…

Elle hésite. Il sourit, silencieux, attentif ; son doux sourire.

— … le jour de l'examen, quand je suis sortie de chez moi, en croisant mon reflet dans le miroir je me suis trouvée… trop sexy. J’avais une robe orange, et du rouge à lèvres rouge, mais il était trop tard pour me changer. Je suis sortie, j'y suis allée.

Une pause. Elle semble examiner quelques secondes l'étiquette de sa bouteille, puis poursuit son récit :

— Le type, l'examinateur, m'attendait. Assez jeune, l'air sympa, avec une vieille veste en cuir, je me souviens. Il m'a regardée – mais sans plus, c'était mon impression – et nous sommes montés dans la voiture. Une Peugeot. Je me sentais prête pour cet examen. Il m'a expliqué qu'on allait circuler en ville, puis sortir de la ville, faire de la route, de la nationale, faire demi-tour et revenir pour les manœuvres… J'ai démarré. J’étais concentrée, et lui il était plutôt encourageant, rassurant, tranquille. Ça se passait bien, mais en roulant sur la nationale – ce qu'il y avait de moins difficile – j'ai commencé à angoisser, à avoir le trac. À me dire que… et si j'avais pas mon permis ? J'en avais besoin pour mon boulot que je venais de décrocher, et puis en Autriche aussi, pour aller voir ma famille dans la campagne. J’avais plein de pensées comme ça. Lui, il prenait quelques notes, et moi je devenais nerveuse, vraiment. Je serrais mon volant, je me souviens, tu vois ?
— Oui, sourit Luc, j'ai connu ça, Tanja…

Il ne dit rien, la regarde, la laisse continuer, choisir de continuer si elle veut : il écoute, il est là. Reprise de respiration ; elle hésite et ferme les yeux, les rouvre.

— On était dans la campagne bourguignonne, et il m'a demandé de tourner à droite, puis à gauche dans un petit chemin, et là il m'a dit « Vous avez oublié deux fois votre clignotant, Mademoiselle. Nous allons revenir, je suis désolé. Une fois, ça aurait pu passer, mais pas deux. »

Elle ferme les yeux, semble revivre ce moment.

— Oh merde, murmure Luc.
— J'ai cru que mon cœur s'arrêtait ; mais il avait raison : j'avais contrôlé mes rétros, mais oublié le clignotant. J'ai failli pleurer. J'ai dit non, c'est pas possible, c'est si bête ! Et puis… et…

Elle s'interrompt. Elle rougit. Il attend en la regardant gentiment en silence.

— Et puis j'ai croisé son regard sur mes seins, mon décolleté. Juste un regard, même pas insistant, tu vois ? Et puis j'ai… eu un coup de folie, la panique : j'ai… j'ai dit un truc, je lui ai dit quelque chose dont je n'aurais pas dû être capable. J'ai dit… « S'il vous plaît, réfléchissez… Je ferai ce que vous voulez pour rattraper ça. S’il vous plaît… » Il m'a regardée, il a souri… et puis… Oh mon Dieu, pourquoi je te raconte ça ?
— Parce que c'est le bon moment, parce que je t'écoute, parce que je suis là, qu'on est tous les deux, répond simplement Luc.

Il a dans les yeux une intensité réelle ; elle regarde cet éclat, et demande :

— Je continue, alors ? Tu ne m'en veux pas, tu ne me… prendras pas… pour…
— Pour quoi ? Pour qui ?
— … pour une allumeuse. Ce jour-là et aujourd'hui.
— Non. Mais non, Tanja : j'écoute ce que tu as à me dire, j'écoute ton histoire, je t'écoute toi, et j'aime ça. Merci de ta confiance.
— Je dois être folle, décrète-t-elle avec un petit sourire triste, angoissé. Alors… (nouvelle respiration) l'examinateur m'a demandé si je ferais vraiment ce qu'il veut, et il regardait fixement mes seins. Il m'a dit « Montrez-moi… », et… j'ai enlevé ma ceinture et déboutonné ma robe. J’étais passée de l'autre côté, mais ça ne me faisait pas peur ; j'étais allée trop loin, de toute façon, et c'est comme si… je me regardais de l'extérieur, que je n'étais pas concernée, tu vois ?
— Oui.
— Il a avancé la main et a pris mon sein droit dans sa main. Je n'avais pas de soutien-gorge, et… Oh, mon Dieu…
— Oui ?
— Je suis folle de te raconter cela. Il… s'est penché vers moi, il m'a sucé les seins, et j'ai aimé cela. Une partie de mon cerveau luttait, une autre se disait que je cherchais… simplement à avoir mon permis. Je ne savais plus ce que je faisais, et… Oh, c'est très cochon !
— Dis-moi…
— Il a mis sa main entre mes cuisses et… il savait y faire, se débrouillait mieux que mon copain de l'époque, et il m'a demandé de… d'enlever ma culotte, et puis il a continué un peu à me caresser, s'est rassis sur son siège, et il a… il a…

Un silence. Elle a du mal à respirer, et lui aussi ; mais il ne bouge pas, ne dit rien. Il la regarde, mais elle, elle évite de croiser ses yeux et se décide enfin à poursuivre :

— Il a mis ma main sur son jean, sur son entrejambe. Il bandait, et… j'ai ouvert sa braguette. Je me… suis penchée, je l'ai sucé ; il caressait mes cheveux, avec douceur. J’avais… déjà fait des fellations, taillé des pipes, et… j'ai fait cela au mieux, je me suis appliquée, pour… pour le rendre fou.
— Tu me rends fou...

Coup d'œil rapide, mais elle poursuit d'une voix fébrile, instable :

— Il a crié pour me… prévenir, mais j'ai continué. J’avais… toujours refusé d'avaler, ça me dégoûtait, mais là non, j'ai continué, je savais… qu'il allait jouir. Il n'a pas, tu sais… il n'a pas… tenu ma tête, ne m'a rien demandé, mais… ça me plaisait d'aller… jusqu'au bout ; et il a joui, très fort, et j'ai… avalé tout. Ça a duré longtemps ; j'étais folle, et puis… je me suis relevée… mais… ce n'était pas encore fini…
— On va peut-être faire une pause dans ton récit ?

Tanja ne dit rien, immobile. Luc est là devant elle, immobile lui aussi. Elle se lève vivement, va à la porte et la verrouille. Elle a les joues rouges quand elle se retourne vers lui ; lui, au contraire, paraît pâle, blême, le visage neutre, sans expression, comme sur les photos. Elle marche vers lui, s'accroupit devant son siège. Il admire ses cuisses du coin de l'œil, sa jupe qui remonte sur ses cuisses, et elle défait sa ceinture, descend sa braguette et s'empare de sa queue tendue dans son slip, la sort et la regarde.

Elle est chaude dans sa main, elle vibre, et Luc ferme les yeux, avec comme une douleur sur le visage. Elle murmure qu'elle est folle, emplit sa bouche de salive, se penche et la prend entre ses lèvres.

Le silence ; pas un bruit, pas un gémissement. Sa bouche descend le long de sa raideur toute chaude, jusqu'en bas, et en remontant sa langue appuie. Il agrippe les accoudoirs de son fauteuil de bureau, les serre ; elle a envie de rire, de crier sa joie : c'est bon de le sucer, de le voir à sa merci, figé sous l'émotion énorme, plongé dans cette excitation imprévue… Elle le suce dans la salle de réunion !

Il rejette quelques secondes sa tête en arrière, et puis elle branle lentement la base de son sexe couverte de salive, en se concentrant sur le gland. Il rompt le silence en poussant un petit cri plaintif ; elle branle plus fort, suce plus fort, et reprend ses coulissements le long de son sexe. Elle entend sa respiration s'affoler, s'amuse à guetter la perte de son contrôle ; et ça monte lentement. Un autre cri, un peu plus fort, et sa main à lui se pose dans ses cheveux ; il gémit deux ou trois fois, et elle devine qu'il ne tiendra pas longtemps. Elle augmente le rythme, la force de sa succion. Elle adore ça ; il perd tous ses moyens, ne lutte plus. Il crie, et elle sent sa queue s'arquer : elle est prête.

Il éjacule, elle aspire, prend le plaisir qui jaillit, le boit à la source tandis que Luc s'agite et sursaute sur son siège. Elle prend tout, et elle en est heureuse, formidablement heureuse.
Jusqu'au bout, au dernier frémissement épuisé.

Elle se relève, les joues et la bouche rouges, le regard brillant comme celui d'une lionne. Elle le rhabille en souriant, triomphante et amusée ; elle le voit étourdi, vautré sur son fauteuil, sous le choc encore, le souffle court.

Elle boit une gorgée de jus de fruit, mange sa pomme en silence en le dévisageant. Il sourit lui aussi, fasciné et joyeux, mais il y a aussi de l'ironie dans ses yeux ; il semble dire « Alors, ça y est, on l'a fait ? On a passé la limite ? On a osé ! »
Luc lui demande d'une voix mal assurée, l'émotion :

— Ton histoire n'est pas finie ?
— Non, effectivement, c'est… la partie la plus… extrême qui arrive.
— Dis-moi ?
— Il m'a dit « On va rentrer en ville, Mademoiselle. Si vous ne faites pas d'erreurs, vous aurez votre permis ; mais il y a… une autre épreuve. » Il souriait en me regardant fixement, et moi…
— Oui ?
— J'étais très excitée, je n'avais pas joui. J’ai dit « Oui Monsieur ? » avec un air de petite fille. J’ai senti que ça l'excitait aussi, je reboutonnais ma robe, et… il m'a expliqué… C'est très… sale.
— Quoi ?
— Il m'a dit « On va reculer ; vous allez faire demi-tour dans le chemin, mais si… euh…
— Dis-moi, il a dit quoi ?
— « … mais si vous calez, ou que vous ne vérifiez pas vos rétros, je vous demanderai de sortir du véhicule et je vous prendrai par derrière, je… je vous prendrai le cul. » Il a dit cela en souriant. Pas menaçant, mais il savait… il savait que… que ça me plairait. Alors j'ai démarré, j'ai reculé, et j'ai calé.

Elle se tait, ferme les yeux, les rouvre et ajoute :

— J'ai fait pire, si je puis dire ; j'ai… j'ai pris une voix de petite fille, et j'ai dit « Oh, j'ai calé. Je suis désolée, je mérite une punition… » J'étais devenue folle : je voulais ça, ce qu'il avait dit… Je n'avais jamais fait : je voulais ça, à ce moment-là, avec lui. Je ne pensais pas à mon permis : juste qu'il le fasse, juste cette folie et prendre mon pied.
— J'ai envie de toi. J'ai une capote. Tu vas continuer à me raconter, mais j'ai envie de toi, une envie dingue.

Il s'empare de sa veste, la fouille, et elle, en silence, fait glisser sa petite culotte de dentelle gris-perle sur ses cuisses. Elle est trempée, et elle demande à Luc de s'allonger par terre. Elle ouvre à nouveau son pantalon, ressort son sexe à nouveau tendu et prend le sachet que lui donne Luc en souriant. Tandis qu'elle le déchire, elle pousse un cri de surprise quand les mains de son amant se referment sur sa poitrine, sans ménagement, mais avec douceur. C'est bon...
Elle déroule le latex, enjambe Luc, se dit que c'est une folie de faire ça ici, et son gland n'a aucun mal à s'enfoncer entre ses lèvres : elle n'en peut plus ! Elle se concentre sur la descente, sur la poussée de ce sexe tendu en elle, dans son ventre affamé, et reprend son souffle :

— Je continue… à te raconter ?
— Oui !
— Je suis sortie… de la voiture, poursuit-elle en remontant lentement ; j'étais dingue, comme aujourd'hui, et puis… il m'a poussée contre le capot, penchée en avant, il a remonté… ma robe, et je… j'en ai rajouté… dans le genre, j'ai dit que j'avais été vilaine, que je voulais être punie, je savais… que… que…
— Oh, dis-moi… murmure Luc en sortant ses seins de son chemisier qu'il a déboutonné, puis de son soutien-gorge.
— … que ça le rendait fou. J’ai… réclamé une fessée ; je méritais une fessée. Il m'en a collée une bonne ; jamais on ne m'avait fait ça, et… je l'avais demandé, il m'a filé une grosse fessée, j'avais… été vilaine, je ne me reconnaissais pas… et…
— Continue.
— Il m'a dit – j'avais le cul brûlant de ses fessées, j'étais devenue une dingue – il… m'a dit « Oui, je vais te punir, ça va un peu… te faire mal. » Et moi je répondais avec ma voix… de petite fille perverse, pour l'exciter, pour le faire bander « Allez-y, j'ai mérité ça, Monsieur… » Vas-y, toi ! J’adore quand tu me pinces les seins !

Il donne un coup de reins léger qui lui décolle les fesses du sol ; elle pousse un petit cri, aux anges :

— On est dingue, Luc !
— T'es toute chaude, toute serrée, c'est affreusement bon ! Continue ! Raconte-moi, et continue… à me baiser, je suis à toi !

Elle a un frisson ; oh, cette idée lui plaît : elle est en train de baiser Luc, et pas le contraire.

— Il m'a léché le cul… m'a mis un doigt, et puis un autre. J’avais peur, mais j'étais prête à tout, même… même prête à me donner à d'autres mecs s'il y en avait sur ce chemin, mais c'était désert et…
— Oui ? Oui, dis-moi !
— Continue avec mes seins ! Il m'a demandé d'écarter mes fesses ; je l'ai fait. J’étais…
— … Offerte.
— Oui, livrée à lui… Et puis… il a posé son gland… son gland sur mon cul et… il a poussé, à fond !
— Oui, putain, continue ! Tu me fais bander comme un malade, Tanja !
— Je suis dingue, c'est bon… Il a… il a poussé, poussé ; il m'enculait…
— Ooooh…
— Je me faisais sodomiser pour… pour avoir mon permis. Je l'avais excité, et j'aimais ça, sa bite toute raide dans mon cul, ça me faisait… bizarre, c'était horrible et… telle… tellement bon. Je vais jouir, Luc, je jouis. Luc… Luuuuc…

Elle rejette sa tête, en sueur, ses longs cheveux blonds en arrière ; elle est crispée, en apnée, et puis toute rouge. Elle lui lance, le ventre encore tordu par le plaisir :

— Tu veux… ça ? Tu veux ?
— Ton cul ?
— Oui.

Il a un sourire sauvage, et elle le fait glisser de son sexe qui palpite encore, en retenant la capote poisseuse, et se met à côté de lui, les fesses en l'air, la jupe troussée. Elle veut tout lui donner, et elle ferme les yeux. Plus aucune barrière.
Elle aime quand sa main se pose sur sa hanche, elle aime quand il la pénètre, elle aime tout, et quand enfin il s'enfonce, elle crie doucement son bonheur de folle…

— Raconte-moi… encore…
— Il m'a… ouvert le cul comme tu le fais… Au fond, comme toi, et je lui… disais des horreurs…
— Quoi ?
— Non, je ne veux pas… te dire… je tiens à toi, tu me rends folle… Luc… Je lui disais… des horreurs, que j'étais sa petite pute ; ça le rendait fou… Oh Luc ! Tu… es bon. Je ne veux plus parler, baise-moi, fais ce que tu veux avec moi !

Elle ne retient pas son cri quand il s'enfonce plus fort. Il est en elle, complètement, et ce qui est en train de se passer est une vraie folie ! C’est impossible, et pourtant ils sont là, sur le sol de la salle de réunion, et il la sodomise.

— Tu m'as rendu fou avec… ton histoire, tu le sais, continue à me raconter…
— Il me faisait mal, mais il me… il me faisait jouir. Je me sentais… la pire petite salope de l'univers, j'adorais ça ! Plus… plus de limites… Je lui disais de me punir, que j'aimais ça… Tu me fais du bien, tu me… fais du bieeeeeen, tu sais ? Tu sais ça ? Luc, tu sais ?
— Oui. Il a… il a joui ?
— Oh oui, fort ! Il m'a rempli… le cul. Sa capote, il devait… faire ça souvent… se taper… les candidates… les enculer… en profiter… Le salaud, c'était booooon… Jouis, mon chéri, jouis, lâche-toi, jouis quand tu veux, viens, viens fort !

Il a joui, terriblement fort, et l'après-midi ils ont eu du mal à travailler ; ils avaient mal aux genoux, se dévoraient des yeux, racontaient des cochonneries et des bêtises, riaient pour rien.
Le soir même elle ne pouvait pas, mais le lendemain, samedi soir, elle lui a donné rendez-vous chez elle pour dîner.

Une petite robe noire, un maquillage parfait, des petites boucles d'oreille en pierre de lave, des petites sandales chics, elle est sublime. Il a une belle chemise blanche, impeccable, mais la correction, la bonne tenue ne tiennent pas au-delà de la première flûte de champagne glacé.
Elle se tourne sur le canapé, relève sa robe sur ses fesses nues ; elle a des bas gris, et elle le regarde :

— Je mérite une fessée, je crois...
— Ah bon ?
— Oui, tu vas me trouver vilaine : j'ai eu mon permis de façon tout à fait banale et ennuyeuse, en fait.

Auteur : Riga

4 commentaires:

  1. Toujours aussi plaisant à lire... ce récit est vivant... Avec toi, j'ai toujours l'impression d'être une petite souris qui assiste à la scène, c'est génial ! Merci !

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  2. Impec. Je deviens tout de suite moniteur.

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    1. ça doit se tenter, mais rester assez peu fréquent !

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