samedi 9 avril 2016

Indécences - Itinéraire d'une dévergondée (12)

Relire le chapitre 11

Zone humide



Cette première véritable incursion dans l’univers du dévergondage avait vivifié ma lubricité naissante et conforté mon désir d’explorer de nouvelles perspectives. De retour dans ma chambre étriquée d’étudiante, le palais encore empli d’une tenace saveur, le souvenir de Philippe refaisait naturellement surface. Préservée de tout préjugé, prendre son sexe dans la bouche ne s’était nullement avéré repoussant. Depuis ce surprenant instant où il m’avait – involontairement – révélé ma disposition à recevoir la jouissance de l’homme et à en goûter la vigoureuse libération, je n’avais plus qu’un souhait : renouveler cette pratique et en augmenter la fantaisie.

Les courriers électroniques échangés avec Denis devinrent plus nombreux et d’une teneur à faire frémir le plus égrillard des sybarites. La teneur de ces croustillants messages ne s’élevait plus que rarement au-dessus de la ceinture, mais mon attrait de plus en plus impérieux pour la sexualité me faisait braver ces turpitudes sans le moindre ressentiment. Je devais ainsi lui avouer – autant qu’à moi-même ! – un singulier engouement à extirper la semence mâle directement à sa source. De plus, l’impudique exposition de mon corps, la sensation de la douce caresse de sa langue fouillant les tréfonds de mon intimité avaient émoustillé ma bouillonnante imagination érotique. Ma chair voluptueuse désirait renouer promptement avec le plaisir des sens.

Il fut convenu de se retrouver dans des conditions plus propices à un horizontal batifolage. Je lui laissais toute latitude pour organiser la rencontre et nous nous accordâmes aisément sur une date. Il me confirma la réservation d’une chambre d’une chaîne hôtelière bien connue et se promit de m’y conduire depuis l’endroit de notre premier rendez-vous.

À l’approche de la date prévue, notre communication devint de plus en plus brûlante… jusqu’à ce qu’il me soumette l’inconcevable : il avait un de ses amis, également divorcé, qui « n’ayant pas connu une relation intime avec une personne du sexe opposé depuis de longs mois, était intéressé de rencontrer une jeune femme libre. »

Je fus abasourdie par l’impudence de la déclaration ; d’autant que, contrairement à ma compréhension initiale, il ne s’agissait nullement de voir cette personne seule, mais bien d’une combinaison à trois. Jusqu’au lendemain, offensée, je méditai sur la perspective de cette irrecevable proposition. La nuit m’ayant porté conseil par de coupables songes, l’irréalisable prit une tournure plus engageante.

Il fallait me rendre à l’évidence : j’aimais les plaisirs de la chair, et mon envie grandissante en la matière m’autorisait à priser de nouveaux ravissements. Dans un premier temps, j’affichai un semblant d’indignation, prétendant que cette demande était dégradante.

Intérieurement, j’exultais ! Je me projetais déjà dans des situations plus que cocasses, partagée entre deux hommes qui me montreraient leurs compétences en ébats débridés. Qu’il devait être bon de se délecter d’un ithyphallique geyser tout en subissant les assauts d’un mâle entreprenant…


□□□


Le vendredi soir, après un souper allégé, je fus plus que ponctuelle sur notre lieu de rendez-vous. Ivre par la brise que je respirais à pleins poumons, grisée par l’attente de la proche récréation, je frissonnais d’exultation. Je n’eus pas à patienter longtemps pour retrouver mon convoyeur, reconnaissant immédiatement sa voiture au bout de la rue. Il s’arrêta à ma hauteur, s’inclina pour me montrer son visage au sourire enjôleur et me fit signe de prendre place à son côté.

À peine montée dans le véhicule, après avoir déposé mon cabas me tenant lieu de bagage entre mes pieds, nous nous embrassâmes comme de vieilles connaissances. Je fus fortement étonnée de le voir seul et, devant mon air médusé, il crut bon de me donner quelques précisions :

— N’aie aucune crainte : mon collègue arrivera un peu plus tard, il aura juste un léger retard. Ça me laisse le temps de passer à la réception.

La circulation étant fluide, il ne nous fallut que quelques minutes pour regagner le parking de l’hôtel. Après avoir arrêté le moteur et retiré la clé de contact, il me recommanda :

— Attends-moi dans la voiture, veux-tu ? Je n’en ai pas pour longtemps. Par souci de discrétion, j’ai réservé une chambre pour une seule personne ; j’imagine que tu ne veux pas être vue en ma compagnie ?
— Ce n’est pas trop grave ; personne ne devrait me reconnaître ici, mais j’apprécie ta prévenance.

Effacée derrière les vitres teintées du véhicule, je le vis se diriger d’un pas alerte vers l’accueil de l’hôtel situé dans un édifice séparé, regroupant également une zone restauration. Il revint tout aussi prestement, me faisant comprendre, d’un geste retenu de la main, de ne pas bouger de ma place.

Reprenant sa place de conducteur, il manœuvra pour quitter son emplacement et se dirigea vers l’extrémité opposée du parking. Je compris que, disposé en « L », cette zone offrait un angle mort la rendant invisible depuis la réception. Il chuchota :

— Voilà, c’est encore plus discret comme ça. Surtout qu’on a la chance d’avoir une chambre avec l’accès situé sur ce côté.

D’un signe du menton relevé, il me désigna une coursive qui menait aux chambres du rez-de-chaussée. Contrairement à celles situées aux étages, dont les accès étaient distribués par des escaliers côté accueil, leurs entrées se faisaient remarquablement secrètes sur la partie arrière du bâtiment. Après un dernier coup d’œil à la dérobée, il me conseilla :

— Laisse-moi le temps d’ouvrir la piaule et tu me rejoins. Personnellement, je me fiche pas mal d’être vu en ta compagnie, mais… la différence d’âge…
— Je peux patienter une minute, répliquai-je, coupant court à sa désolante remarque.

Je descendis de la voiture et récupérai mon cabas au moment où neuf coups sonnaient au clocher d’une église proche. Denis prit à son tour une valise posée sur la banquette arrière et vérifia consciencieusement la fermeture des portières. Gagnée par la désagréable impression d’être observée par des regards fureteurs, j’éprouvais un certain mal-être à m’afficher à son côté ; je le laissai prendre un peu d’avance.

Avant de se glisser dans les murs, il se retourna pour m’adresser un grand signe de ralliement. Tout en pestant envers ce manque de retenue, je m’empressai de le rejoindre et m’engouffrai à mon tour dans l’abri resté entrouvert. Masqué par le vantail entrebâillé, il le repoussa aussitôt derrière moi et me fit avancer dans la chambre après avoir traversé un court sas hermétiquement clos par une seconde porte. À la vision du lit qui occupait une large partie de la pièce, j’eus une fugace panique.

— Installe-toi, Justine ; veux-tu un petit café ?
— Non, merci, je n’en prends jamais le soir.

Devinant mon désarroi, il voulut plaisanter :

— Au moins, il ne pleut pas aujourd’hui. As-tu passé une bonne journée ?
— Bof, couci-couça…
— Pas plus que ça ?

Je ne pris nullement la peine de répondre, mais il lut mon inquiétude sur mon visage.

— Tu as l’air d’être tendue ; n’aie aucune crainte : mon ami est plutôt timide… surtout avec les femmes.

Il se porta à ma hauteur et m’aida galamment à enlever mon manteau qu’il fixa à l’une des patères murales ; il se débarrassa également de sa veste qu’il jeta plus négligemment sur la couche après en avoir extirpé un téléphone portable de l’une des poches.

— Il ne devrait plus trop tarder. Il est souvent en déplacement et m’a prévenu qu’il aurait probablement du retard.

Il déplaça une chaise glissée sous un massif panneau de bois qui s’étendait généreusement devant la large fenêtre, installation qui n’était pas sans rappeler celle de ma propre chambre. Faisant également office de bureau, il supportait un petit téléviseur, un luminaire au style résolument futuriste, ainsi que l’incontournable percolateur.
S’asseyant, il me tendit la main.

— Approche ; autant attendre tranquillement.

Je m’avançai, tremblante, sachant que j’allais vivre les prémices d’une soirée mémorable.

— Alors, voyons voir ; as-tu remis cette charmante petite culotte transparente ?

Sans attendre de réponse, il releva ma jupe et émit un sifflement admiratif en découvrant le sous-vêtement tendu sur l’arrondi de ma motte.

— Eh ben… Il ne va pas regretter le voyage, le Serge : c’est mignon tout plein !

Ses doigts effleurèrent le doux tissu, son index s’attardant particulièrement à l’endroit de la coupure médiane qui semblait l’aspirer. La main conquérante fit bâiller le mince vêtement par la ceinture, et il se pencha au-dessus de la vision offerte. Il émit un petit claquement de langue en contemplant l’intérieur de ma culotte.

— Hum, tu as vraiment une chatte bien dessinée, toute lisse ; Serge saura apprécier. Tu me fais déjà bander !

Il accompagna sa remarque en empoignant son bas-ventre, me révélant un renflement qui manifestement résultait de sa dernière vision.

— Tu veux bien me donner une petite avance en attendant Serge ? Je garde le portable à portée de main, au cas où il appelle.

Il se campa fièrement devant moi et ouvrit sa braguette d’où il extirpa les éléments de sa virilité. Me courbant, je pris en bouche la hampe gonflée par l’afflux de sang et la fis coulisser dans le resserrement de mes lèvres appâtées par un alléchant breuvage.

L’appel attendu vibra alors que je suçotais avec ferveur son gland décalotté d’où suintait déjà un écoulement d’une saveur finement salée.

— Salut, Serge ! (il dut s’éclaircir la voix)… Oui, oui, elle est là… Ouch ! T’es où ?… Continue tout droit ; deuxième rond-point à droite, puis encore à droite et… Ouh !… C’est tout au bout de la rue… Ouch ! Devine ?… Elle me tète… Hum… Chambre 106… Dépêche-toi ; gare-toi tout au fond du parking, tu reconnaîtras ma caisse… Oui, tu passes par l’arrière, on t’attend avec impatience.

Bien que ne prêtant qu’une attention secondaire au monologue de mon approvisionneur en friandises, je fus admirative de sa maîtrise alors que je croquais ma mignardise. Il me la retira subitement de la bouche pour se placer face à la fenêtre.

— Serge arrive ; je vais surveiller son arrivée.

Tout en tripotant sa tumescence bien exposée, il scruta l’extérieur dans l’attente de son ami. Frustrée et impatiente à son côté, il me fallut attendre une poignée de minutes pour que je distingue une silhouette masculine au travers des rideaux. Denis ne lui laissa pas le temps de manifester sa présence ; masqué par la porte entrouverte, il accueillit son ami en le saluant au passage d’une tape amicale sur l’épaule. L’homme, de grande taille, le crâne légèrement dégarni, entra dans la pièce et me tendit la main, hésita, puis approcha son visage pour me baiser la joue.
Derrière lui, Denis referma précautionneusement la porte et actionna la descente des volets roulants. Après s’être assuré qu’ils occultaient parfaitement la pièce, il se retourna vers son camarade pour faire les présentations :

— Je te présente donc Justine. Je ne t’avais pas menti en te disant qu’elle est plutôt bien faite de sa personne.

Le visiteur, croyant halluciner à la vision de l’organe pendant à l’ouverture du pantalon, perdit un peu de sa contenance et bafouilla :

— Je vois… Donc… c’est toujours d’accord pour…
— Et comment ! Ne prends donc pas cet air embarrassé ; fais connaissance avec la demoiselle.

Denis, ne manifestant aucune gêne à tripoter son pénis devenu indolent, s’approcha de moi et, sans rencontrer la moindre opposition, releva à nouveau de sa main libre ma jupe au-dessus de mon nombril.

— Regarde ! C’est pas admirable ?

L’étalage de mes dentelles médusa le spectateur, inhibant toute réaction. Denis lâcha sa verge revigorée et se mit encore à taquiner la proéminence de mon pubis d’un index palpeur. Comme pétrifié par le fripon tableau, la face de l’unique témoin s’enflamma. Denis, toujours prompt dans ses décisions, lâcha ma jupe et notifia à son partenaire :

— Je me suis rancardé à l’accueil ; ils ferment le portail à vingt-trois heures. Ça nous laisse quand même un peu de temps pour s’amuser, mais il ne s’agit pas de trop s’endormir. À moins que tu ne veuilles garer ton véhicule à l’extérieur et faire le mur ?
— Non, merci, c’est plus vraiment de mon âge.
— Ou passer la nuit avec nous ?
— Ça me plairait déjà mieux, mais il faut vraiment que je rentre tôt ce soir.
— Toujours tes bestioles à nourrir ?

Puis, se tournant vers moi, Claude m’informa :

— Serge a une superbe collection de lézards : caméléons, iguanes, varans ; ce sont ses bébés…
— Ils demandent beaucoup d’attention, c’est vrai.
— Et si on s’occupait de nos lézards à nous ? Ils demandent des soins eux aussi.

La plaisanterie eut le mérite de nous décontracter… et de nous replacer dans le contexte. Denis m’approcha et entreprit de me dévêtir.

— Serge, aide-moi à déballer cette merveille.

Leurs gestes étaient maladroits et je dus quasiment me dépouiller moi-même, Serge se contentant de prendre les effets que je lui remettais en main au fil de mon effeuillage. Je me retrouvai ainsi en slip avec mon cache-cœur recouvrant ma poitrine. Serge, mes habits encore sur le bras, regarda Denis me délester de mon corsage en le passant par-dessus mes épaules. Toujours interdit, il l’observa se couler derrière moi pour m’empoigner les seins à pleines mains et faire rouler leurs pointes durcies entre ses doigts. Je sentis le bout humide de sa verge se frotter au sillon de mes fesses.

— Pose ses fringues, et viens tâter par là. Regarde-moi ces ravissants petits nichons : il y a combien de temps que tu n’en avais pas vu ?

Serge posa délicatement mes vêtements sur la chaise, revint calmement vers moi et caressa ma poitrine libérée. Les mains de Denis effleurèrent mes hanches, malaxèrent mon ventre, puis se glissèrent dans ma culotte. Un irrépressible frisson ondoya dans mon bas-ventre, se propageant jusqu’à la plante des pieds.
Denis perçut mon tressaillement et, tout en me mordillant la nuque, déclara à son acolyte :

— Baisse sa culotte ; je crois qu’elle est prête, là.

Serge manifesta enfin son entrain. Confortablement assis sur le bord du lit, il agrippa le fin tissu et le fit descendre délicatement le long de mes cuisses pour mettre à nu la fente verticale qui prouvait que je n’étais pas du même sexe. Voyant qu’il restait en adoration devant la commissure marquant l’entrée de ma vulve, Denis se replaça de côté pour partager la même vénération. Flattant les attributs de sa masculinité, il ordonna :

— Broute-lui le minou !

S’exécutant, il fit tomber ma culotte sur mes chevilles et je l’enjambai pour m’en séparer sans mécontentement. Après m’avoir demandé de m’allonger sur la couche encore vierge, il se pelotonna dans la chaleur de mon entrecuisse qu’il écarta pour déployer de ses doigts engourdis par l’émotion mes intimes ourlets englués de mucus. Après m’être maintes fois languie, j’étais enfin à cet instant tant attendu. Sans avoir exprimé le moindre mot depuis mon arrivée dans la chambre, je me laissai manœuvrer par les deux protagonistes de ma débauche.

Tandis que Serge me faisait fondre sous la pointe pénétrante de sa langue, Denis s’agenouilla à mon côté et se pencha sur mon buste pour me téter un sein ; il tritura et malaxa agréablement l’autre. Humé, suçoté, doigté, fouillé par Serge, mon vagin se fluidifia sous sa fouille minutieuse.
Denis se releva, dégrafa sa ceinture, défit le dernier bouton de son pantalon qu’il descendit suffisamment pour me présenter pleinement ses attributs. Il s’agenouilla au plus près de mon visage et inclina son bassin pour me permettre de le prendre en bouche. Le feu au ventre, je suçais la verge qui raidissait par à-coups sous la douceur de ma langue.

— Trêve de préliminaires, Serge : le temps passe, et tu n’as pas toute la nuit.

S’arrachant de sa position – qui se devait pourtant d’être enviable – Denis recula du lit et se débarrassa de ses vêtements qu’il jeta à même le sol. Serge l’imita tout en se pourléchant les babines luisantes qu’il essuya d’un revers de main, le regard rivé sur mon entrejambe.

Anticipant leur intention commune que j’attendais avec une impatience mêlée d’angoisse, je m’installai dans une posture plus abordable sur la couche accueillante. Au bénéfice de l’obscurité naissante, je les contemplais se dévêtir avec convoitise, alléchée par la divertissante danse des deux organes mâles oscillant au gré de leurs mouvements.

Serge, sans même un regard, vint se placer sur moi. En appui sur un coude, triturant sa verge pour en affermir l’érection, il se faufila dans l’entaille de ma vulve pour en écarter les replis. Trouvant l’orifice du vagin, il s’aida de ses doigts pour s’y engager, s’enfonçant toujours plus par d’amples mouvements du bassin. Lascive, je m’abandonnais pleinement à la capiteuse charge, savourant les doux glissements dans la mouillure de mon ventre.

Denis alluma la lampe de bureau puis vint s’étendre à mon côté. Il prit ma main pour la porter au contact d’une souple toison bouclée, et mes doigts effleurèrent la base de son pénis. J’exprimai ma réjouissance par un long soupir langoureux. Mes doigts graciles entourèrent fermement la tige turgescente et entreprirent une lente masturbation.

Au-dessus de moi, en sueur, Serge se laissait emporter dans l’incandescence d’une longue privation. Voulant le sentir plonger encore plus profondément, je ceinturai ses fesses de mes jambes repliées, m’efforçant de donner plus d’ampleur à chacune de ses impulsions. Solidement retenu dans l’étau de mes cuisses, il s’agita de plus en plus vivement dans un bruit de ressac à la frontière de l’inconvenance.

Denis, le regard magnétisé sur notre bouillonnante copulation, avait également acquis une raideur qui ne demandait plus qu’à être soulagée. Serge, dans un ultime transport, s’enfonça au plus profond de mon ventre. Aux contractions sur les parois de mon vagin distendu, je compris qu’il se libérait de l’accumulation de son abstinence.

À contrecœur, il se retira mollement de la place, aussitôt occupée par son impatient comparse dont les sourcils marquèrent l’étonnement lorsque son regard plongea à la jonction crûment exposée de mes jambes. Il glissa ses mains sous mes fesses et me souleva légèrement pour se planter tout de go dans la corolle épanouie.

Sous les secousses de sa vive empoignade, je savourais l’alternant contact de ses généreuses gonades sur la zone réceptive de mon périnée. Les yeux mi-clos, je devinais cependant la silhouette de Serge qui, idéalement placé à l’opposé du lit, ne devait rien perdre du lubrique spectacle offert par notre union.

Je lâchais de petits cris sous les coups qui me pourfendaient. Mon effervescence, enrichie des effluves de l’ancien locataire, eurent vite raison du nouvel occupant qui, profondément reconnaissant, me fit à son tour don d’une abondante jouissance.

Il resta longuement en moi, prenant plaisir à me mordiller la nuque et le lobe de l’oreille jusqu’à ce que son pénis retrouve sa taille de repos et quitte de lui-même le réceptacle saturé par la double possession. Après un regard insistant sur ma vulve, il se laissa glisser auprès de moi, les bras en croix, épuisé. Également fourbue, je gardai ma position : jambes repliées, et les cuisses largement ouvertes. Un chatouillis procuré par l’épanchement de ma riche récolte s’insinua dans le sillon de mes fesses.
D’un léger coup de coude, Denis m’arracha à mes pensées et me demanda :

— Elle te fait encore envie ?

Devant mon air ahuri, il crut bon de préciser :

— Sa queue. Tu aimerais la sucer ? Il vient de tirer son coup, mais je pense qu’il a encore des réserves.

Il s’adressa à son comparse plongé dans la contemplation de mon entrejambe inondé de liqueur séminale :

— Pas vrai, Serge ? Ça te tente, une turlutte avant de partir ? Justine est experte en fellation.

L’intéressé s’approcha, visiblement honteux de son petit appendice recroquevillé qui avait beaucoup perdu de sa superbe. Je m’assis au bord du lit et portai mon visage vers le membre désuet, résistant à l’envie de tourmenter ce burlesque hochet dont la tête baveuse sortait à moitié de son pédicule ratatiné. L’organe affaibli se retrouva à la hauteur de ma bouche avide. Soupesant sa double pendeloque, j’aspirai l’indolent pendentif et entrepris de lui redonner une vitalité ithyphallique. Suçant longuement l’outil de la génération avec toute ma jeune science, je ne parvenais cependant pas à m’en nourrir. Ayant pourtant retrouvé une rigidité honorable pour son usage le plus noble, le bel ustensile se refusait à me donner son ferment.

Denis s’était levé et, debout près de son ami, me regardait, amusé et admiratif, lui prodiguer ma caresse buccale. Il rompit le charme de ma céleste gâterie en annonçant sans ambages :

— Justine, tu as la… Tu dégoulines sur le couvre-lit.

Décontenancée par le propos quelque peu acerbe, je libérai ma bouche de son contenu et me penchai pour vérifier l’exacte vérité de mon méfait. Mon sexe m’offrit la vision crue d’un trou bâillant d’où s’écoulait un liquide visqueux chargé de grumeaux blanchâtres se répandant entre mes fesses. Par réflexe, je me relevai d’un bond et détalai en direction de la salle de bain, une main calée entre les jambes pour éviter tout autre malencontreux éparpillement.

Assise sur le siège des toilettes, j’entendis quelques gloussements de la part de mes assaillants, visiblement égayés par l’incident. Nullement offensée, voire satisfaite de m’exhiber ainsi, j’intériorisais le même amusement sur mon trône lorsque Denis se montra dans l’encadrement de la porte restée ouverte.

— On peut regarder ? me demanda-t-il avec un petit sourire en coin.

Tout sentiment de gêne n’ayant plus lieu d’être, il ne me vint nullement l’idée de refuser, et j’indiquai mon approbation d’un haussement d’épaules. Denis, faisant un geste de la main pour encourager son comparse à le suivre, s’avança dans la pièce et s’accroupit face à moi. Serge, montrant une attitude plus réservée, se contenta de se tenir à mi-chemin.
Denis m’obligea à écarter les genoux pour scruter avec avidité mon entaille qui gouttait et chercha à me consoler de ce petit désagrément causé par l’abondance de leurs éruptions :

— Ma chère Justine, mais on a vraiment pas mal de retard à combler ; pas vrai, Serge ? Tiens, rapproche-toi : elle va finir ta fellation.

Serge se rapprocha. Je l’attirai en le tenant par le pénis redevenu mou. Puis, voyant ma difficulté à aboutir, il consulta l’heure sur sa montre :

— Désolé, je ne voudrais pas brusquer… mais il faut impérativement que je sois rentré avant vingt-trois heures.

Denis, amusé par la déclaration, osa persifler :

— Si tu dois faire fissa, finis-toi à la main ou baise-la.

Le protagoniste, encore plus décontenancé, sembla définitivement perdre pied. Devinant le profond désarroi dans lequel l’ordre formel avait plongé mon « patient », j’entrepris moi-même de réamorcer manuellement la fragile mécanique. J’agitai de mon mieux la hampe dont la chaleur trahissait une forte activité interne. Pressé par le temps et le désir de se libérer au plus vite de ces pressions cumulées, Serge empoigna son sexe et se mit à se masturber avec une frénésie d’adolescent.
Denis, toujours spectateur, regarda jusqu’au bout son camarade se satisfaire par lui-même, se contentant de me maintenir le visage en direction du sexe enflammé. Je fixais avec intérêt le gland tourmenté d’où une gerbe blanche gicla pour m’asperger la joue. La pointe de ma langue titilla la petite fente du méat et recueillit les dernières gouttes.

Les deux hommes me laissèrent enfin seule. Je pus satisfaire une petite envie bien féminine après de tels traitements et nettoyer mon minois de sa dernière offrande. Lorsque je les rejoignis, Serge s’était déjà revêtu et m’attendait pour me souhaiter le bonsoir. Il hésita encore entre la poignée de main et la bise sur la joue, opta pour la seconde et, après une dernière accolade à son ami qui éteignait la lampe de bureau, s’engouffra dans la nuit noire en relevant le col de son blouson.

— Nous voilà seuls, ma chère Justine. Je t’avais bien dit que c’était un grand timide, le Serge. Il doit rentrer tôt à cause de ses bestioles… Peuh ! J’en crois pas un mot ; pour aller courir le guilledou ailleurs, plus sûrement.

Il partit dans un grand éclat de rire et poursuivit :

— Bon, je remettrais bien le couvert, moi.

Avec empressement, sans la moindre considération envers la tache humide, il me bascula sur le lit. L’horloge du clocher égrena encore plusieurs fois ses notes avant que nos corps alanguis ne trouvent un refuge récupérateur dans la chaleur de la nuit.

Auteure : Inanna

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